20 / 12 / 2016
#Cloud

Economie sociale et solidaire : comment créer de l’impact avec le cloud ?

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Sauvegarder des espèces en voie de disparition, diffuser le savoir à travers le monde ou encore réduire la fracture sociale : pour créer de l’impact sociétal, le potentiel du cloud est vaste. Gros plan sur trois initiatives présentées lors de la table ronde « Le Social Good à l’ère du cloud », organisée à l’occasion de la Social Good Week.

Comment le big data peut-il servir l’intérêt général ? Comment stocker et analyser les données ? Comment implanter efficacement des modèles de machine learning utiles ? Pour répondre à ces questions et décrypter le potentiel du cloud dans le secteur associatif, HelloAsso, Solidatech et Microsoft France ont organisé une table-ronde lors de la Social Good Week. Retour sur trois projets qui y ont été présentés.

Des capteurs connectés pour agir en faveur de l’environnement et de la recherche

Depuis sa création il y a cinq ans, l’entreprise française Sigfox a installé des capteurs dans de nombreux pays, permettant de recueillir les données émises par des millions d’objets connectés. «Pourquoi ne pas utiliser ces capteurs pour agir sur l’environnement, la santé, la sécurité et le lien entre les humains ? Et si l’Internet des objets pouvait être une solution pour faire tomber des barrières concernant les causes humanitaires ?», avance Marion Moreau, directrice de la fondation Sigfox, qui ambitionne justement de transformer ces questionnements en initiatives concrètes.

Après une première mission scientifique en Antarctique qui visait à équiper une station scientifique d’antennes permettant de localiser 50 chercheurs, la fondation travaille actuellement sur une nouvelle mission au Zimbabwe. L’objectif : préserver une espèce en voie de disparition.

«On a convaincu une réserve de 5 000 km2 de travailler avec nous. Grâce à un écosystème de start-up, nous avons développé un prototype de capteur unique au monde, qui se place sur les cornes des rhinocéros. Ce prototype coûte environ 30€ à l’unité et a une durée de vie 4 ans. Grand comme la moitié d’un pouce, il nous donne une donnée GPS de l’animal. Ce prototype est également équipé d’un détecteur de mouvement, qui permet, grâce à un algorithme, de traduire le stress de l’animal », explique Marion Moreau.

Stiller Beobachter via Flickr CC BY 2.0

Rendre accessible le savoir humain en 288 langues grâce aux données collaboratives

Le big data et le cloud comme accélérateur d’activités. C’est à partir de ces technologies qu’ont pu se développer les 12 projets du mouvement associatif Wikimédia France. Le plus connu ? Wikipédia: 5e site le plus visité au monde. Rien qu’en France, , 16 000 contributeurs actifs avec un compte enregistré ont modifié des articles pour le seul mois de novembre 2016.

«Notre maxime est rendre accessible la totalité du savoir humain au plus grand nombre. Des millions de personnes s’attellent à répertorier et inventorier des informations sourcées pour qu’elles soient disponibles auprès de tout le monde. Wikipédia et les différents projets de Wikimédia fonctionnent sous la forme d’un agrégateur de données collaboratives», explique Emeric Vallespi président Wikimédia France.

L’enjeu avec cet open data repose sur la qualité de la donnée : «toutes les modifications apparaissent dans un historique public laissant la possibilité de revenir à une version ultérieure de l’article, des robots vérifient en temps réel les modifications en plus d’un travail humain», détaille Emeric Vallespi.

Pour le dernier projet Wikidata lancé depuis 2012, la base de données libre existe en 288 langues sous la licence Creative Commons Zero (CC0). Afin que celle-ci soit à jour, un dispositif de web sémantique a été mis en place. Cette arborescence structurée et standardisée permet aux ordinateurs de requêter le contenu et les informations liées pour mettre à jour l’ensemble en cas de modification, toutes langues confondues.

«Le big data simplifie le travail autour des données et permet à Wikidata de se développer en étant repris par d’autres secteurs», résume le responsable.

Le cloud peut-il changer le monde ? Retrouvez le replay de la table ronde qui s’est tenue lors de la Social Good Week.

La transformation numérique pour rapprocher les segments de la société

«Le cloud, le big data, le machine learning ou encore l’intelligence artificielle sont des leviers extraordinaires pour rapprocher les segments de l’économie, mais ils ne sont pas assez exploités dans l’économie sociale et solidaire», regrette Jean-Philippe Courtois, président et co-fondateur de Live for Good, une association accompagnant des porteurs de projet et des jeunes.

La mission de l’association ? Révéler le potentiel de jeunes aux parcours non-traditionnels par l’entreprenariat social et numérique :

«Plus de 25% des jeunes de moins 26 ans ne trouvent pas d’emploi ou d’opportunité suffisantes et ce chiffre monte à 45 voire 50% dans les quartiers dits difficiles ou les banlieues, pointe le responsable. Et seuls 10% des emplois créés en France font partie du secteur l’économie sociale. Un chiffre amené à s’accroitre dans le futur. »

Parmi les 100 projets ayant candidaté à la première édition, 5 ont été récompensés par le prix Gabriel Live for Good, recevant ainsi une bourse de 10 000€ pour les aider à se focaliser sur leurs projets à temps plein, une place au sein de l’incubateur Social Factory, un mentorat avec des entrepreneurs ainsi que l’accès à une plateforme technologique leur permettant la mise en œuvre de leur projet.

Parmi eux, le projet Whire. Son CEO, Kayoum Fane met le machine learning, le big data au service de l’emploi en proposant à la fois aux demandeurs d’emploi de raconter leur histoire et aux entreprises de l’aide dans leurs recherches pour trouver le bon candidat. Avec son application Humans Relais, également récompensée, Yacine Riffi aide de son côté les gens sans abris à entrer en relation avec des individus disposant d’un espace qui peut être utilisé. A terme, l’objectif est d’aider les sans-abris à reprendre confiance en eux. Les sélections pour la 2e édition du prix se dérouleront dès le début de l’année 2017.

Autant d’initiatives qui prouvent, si besoin en était, que si les technologies comme le cloud ou le big data ne sont certainement pas une fin en soi, elles sont néanmoins des outils fort utiles pour multiplier les impacts concrets d’initiatives individuelles ou collectives.

A Cloud for Global Good – Feuille de route pour un cloud fiable, responsable et ouvert