01 / 12 / 2016
#Cloud

Le cloud au service de la société : gros plan sur 5 initiatives

  • Linkedin
Prévenir les épidémies, améliorer l’accès à l’eau potable ou encore éviter les accidents de la route : autant de domaines dans lesquels le cloud peut contribuer à l’amélioration du bien commun. Illustration en cinq exemples à travers le monde.

Comment tirer parti d’une technologie pour le bien de tous ? D’ici 2020, 2,3 milliards d’individus utiliseront le cloud. Au-delà du seul hébergement des données, le cloud permet également de disposer d’une puissance de calcul considérable pour des coûts relativement maîtrisés.

Associé au développement de l’intelligence artificielle (et donc du deep et machine learning), c’est un nouveau champ des possibles qui s’ouvre, que ce soit pour les individus, les entreprises, les Etats mais aussi les organisations non gouvernementales et les associations à travers le monde.

Dans la préface du livre blanc A Cloud for Global Good, Satya Nadella, CEO de Microsoft, et son président et Chief Legal Officer, Brad Smith, affichent leur ambition :

«Nous avons besoin d’un ensemble de solutions stratégiques et technologiques qui favorisera une évolution positive et garantira à chacun la possibilité de tirer parti des avantages du cloud. Nous sommes convaincus que, pour concrétiser ces changements, nous devons collaborer à la création d’un cloud à la fois fiable, responsable et ouvert. En d’autres termes, nous devons œuvrer ensemble à la création d’un cloud au service de l’humanité.»

Plusieurs exemples de la manière dont cette technologie transforme déjà la façon dont les gouvernements interagissent avec leurs citoyens ou dont les organisations à but non lucratif proposent leurs services de façon plus efficace sont présentés. Tous font appel au cloud. Gros plan sur cinq d’entre eux.

A Cloud for Global Good – Feuille de route pour un cloud fiable, responsable et ouvert

Détecter les agents pathogènes pour prévenir les épidémies

Nom de code : Premonition. Débuté en 2015 au Texas (Etats-Unis), le projet consiste à disposer des pièges à moustiques destinés à repérer l’arrivée d’agents pathogènes, généralement transmis par ces insectes.

Ces pièges sont rendus « intelligents » grâce au cloud : ils sont en effet capables de distinguer les moustiques des autres insectes en analysant la fréquence des battements de leurs ailes. Le machine learning permet également aux pièges d’apprendre de leurs erreurs et d’être de plus en plus efficaces dans la capture.

Les scientifiques s’appuient ensuite sur des algorithmes spécifiques pour séquencer le génome des moustiques. De cette façon, ils peuvent détecter les moustiques porteurs d’agents pathogènes connus (Zika ou Ebola par exemple), mais aussi prévenir l’évolution de ces agents pathogènes ou l’apparition de nouveaux.

«Cela ne résoudra pas le problème Zika ou la Dengue», a déclaré Douglas Norris, professeur de microbiologie et d’immunologie moléculaires à la John Hopkins Bloomberg School of Public Health, et qui collabore au projet, «mais ce projet va permettre d’augmenter notre capacité à les détecter».

Dernier élément de ce système : des drones pouvant reconnaître les zones susceptibles d’abriter des moustiques en les « scannant » avec des caméras. Grâce au machine learning, les données sont traitées et analysées directement sur le cloud. Prochaine étape : réussir à automatiser le largage et la récupération des pièges par les drones.

cloud

Ethan Jackson, un chercheur Microsoft en charge du Projet Premonition Photo credit: Brian Smale

Améliorer l’accès à l’eau potable grâce à l’analyse de données

Dans de nombreuses régions du monde, en particulier dans les régions arides d’Afrique subsaharienne, l’accès à l’eau potable reste très difficile. Pour améliorer cela, les gouvernements et institutions ont besoin de données fiables sur les nappes phréatiques, avant d’investir dans un réseau efficace.

C’est pour répondre à cette problématique qu’est né le programme Reach. Pour récolter ces précieuses données, des chercheurs ont mis au point des capteurs enregistrant les mouvements de pompes manuelles dans certains puits au Kenya. Reliés au cloud Azure for Research, ces capteurs permettent aux chercheurs et aux agences de l’eau de connaître l’état des nappes phréatiques.

Grâce à ce dispositif, il est également possible de savoir quand un puit est proche de l’assèchement, ou quand un élément de la mécanique risque de tomber en panne. Cette maintenance prédictive permet de minimiser le temps durant lequel la pompe ou le puit est en réparation, et donc le temps durant lequel les populations n’ont pas accès à l’eau potable.

Modéliser les accidents de la route pour mieux les éviter et concevoir des villes plus sûres

Chaque année, les accidents de la route sont l’une des premières causes de mortalité des 5-24 ans habitant les villes américaines. Les piétons et les cyclistes sont particulièrement touchés. Pour mieux aménager la voie publique tout en améliorant la sécurité des cyclistes et des piétons, les villes de Seattle, New York ou la Nouvelle Orléans se sont associées à Datakind et Microsoft.

Le but de ces partenariats : analyser les données disponibles sur les accidents de la route et modéliser le trafic dans la ville. Leur analyse permet d’identifier les zones dangereuses, de même que les zones où de futurs accidents sont le plus susceptibles de se produire.

public cloud

Still Vision via Flickr CC BY 2.0

Connecter les communautés pour mieux apprendre et partager ses connaissances

En Thaïlande dans la province du Buriram, la «Bamboo School» est à l’origine d’une nouvelle méthode d’apprentissage qui a essaimé dans tout le pays. Cette école sert en fait de « centre d’apprentissage » pour l’ensemble de la communauté villageoise dans laquelle elle est implantée. En se servant du cloud et des applications qu’il supporte, les étudiants et les villageois peuvent apprendre collectivement tout en partageant leurs connaissances avec l’ensemble du réseau des « Bamboo School » à travers le pays.

Un agriculteur a par exemple développé des techniques simples mais efficaces pour faire pousser hors saison des citrons verts, très utilisés dans la cuisine traditionnelle. Ces techniques ont pu être enseignées et partagées dans l’ensemble du réseau grâce au cloud.

Résultat : les agriculteurs ayant eu connaissance de ces méthodes peuvent vendre leurs fruits hors saison, pour un revenu jusqu’à 10 fois supérieur à la moyenne. Une évolution non-négligeable dans un pays ou près de 6 millions de personnes vivent avec moins de 3 dollars par jour, en particulier à la campagne.

Agriculture : tirer le plein potentiel des données pour optimiser la production

Autre domaine d’application inattendu du cloud : l’agriculture. Des chercheurs de Microsoft et de la Maryland Baltimore County University se sont ainsi associés pour développer un projet dont l’objectif est de permettre aux fermiers d’optimiser leur production à l’aide des données collectées (humidité du sol, prévisions météo, ensoleillement, etc.). Le projet, constitué de quatre fermes tests, fait ainsi largement appel aux objets connectées, dont les données sont ensuite hébergées et automatiquement analysées dans le cloud.

Plus étonnant encore : le cloud peut également être utilisé dans… la conchyliculture (élevage de coquillages) ! En Australie, un système de capteurs analysant la qualité de l’eau des estuaires en temps réel a été mis en place, associé au cloud et à des applications spécifiques.The Yield (surnommé « L’Internet des huitres »), permet aux producteurs de bivalves d’éviter une contamination de leurs parcs à huitres en cas de crues charriant des polluants, filtrés par les huitres à la sortie des estuaires. Ce qui garantit la sécurité alimentaire pour les consommateurs, et une gestion optimale des stocks pour les producteurs. Un dispositif finalement assez simple, mais non moins utile et efficace.

* Le 6 décembre, à l’occasion de l’édition 2016 de la Social Good Week, HelloAsso, Microsoft France et Solidatech organisent une conférence sur le Social Good à l’ère du cloud. Un panel d’experts du big data, de représentants d’ONG et d’entrepreneurs sociaux seront présents pour débattre et partager leurs expériences. L’événement sera retransmis en direct sur le site de la Social Good Week.

Le cloud peut-il changer le monde ? Retrouvez le replay de la table-ronde qui s’est tenue lors de la Social Good Week