03 / 01 / 2019

Comment la technologie rend la ville plus respirable

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Comment la technologie rend la ville plus respirable

Face aux dangers posés par la pollution de l’air, de nombreuses startups proposent des produits pour la mesurer plus efficacement et s’en prémunir.

La qualité de l’air est aujourd’hui devenue un enjeu de santé publique majeure. Ainsi, l’Organisation mondiale de la Santé estime que 80% des personnes vivant en environnement urbain sont exposées à des niveaux de pollution de l’air dangereux pour la santé. Une étude parue dans The Lancet, une publication médicale britannique, affirme quant à elle que la pollution de l’air a entraîné 6,5 millions de décès dans le monde en 2015. Elle est également coûteuse : un rapport de l’OCDE estime ainsi, les coûts médicaux liés à la pollution de l’air à 21 milliards de dollars pour l’année 2015, et prévoit une hausse significative de ce chiffre dans les années à venir. Enfin, ce problème n’affecte pas que les grandes métropoles des pays en voie de développement : en Europe, plus de 500 000 personnes meurent chaque année des conséquences de la pollution de l’air.

 

Mieux mesurer la qualité de l’air

 

Plusieurs acteurs des nouvelles technologies s’efforcent ainsi de prendre le problème à bras le corps. La pollution de l’air pose un double défi : d’une part, elle est souvent invisible, et d’autre part, elle peut très rapidement varier en fonction des facteurs météorologiques. Il existe bien sûr des outils pour la mesurer, mais ils proposent en général des chiffres à l’échelle d’une ville tout entière et actualisés quotidiennement, là où la qualité de l’air peut grandement varier d’un quartier à l’autre et durant la journée, en fonction du trafic automobile, du vent, de la présence ou non d’une usine à proximité… En outre, la qualité de l’air n’est souvent pas la même entre son domicile et l’extérieur.

Des personnes en train de se déplacer dans un Pékin pollué

Vue de Pékin et de son nuage de pollution / ©nasus89 - Flickr

C’est pourquoi toute une vague de jeunes pousses a développé des appareils permettant aux particuliers de mesurer la qualité de l’air avec une grande précision. Parmi celles-ci, on compte notamment les Français Netatmo et Plume Labs, mais aussi Awair, installée à San Francisco, et Airviz, basée à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Toutes proposent un petit appareil à destination des particuliers, susceptible de mesurer la présence de différents polluants dans l’air, de manière précise et actualisée en temps réel. Ils suggèrent également des recommandations en fonction de ce qu’ils mesurent (ouvrir ou fermer les fenêtres, éviter de pratiquer des activités physiques à l’extérieur, éteindre les bougies…).

« En Europe, plus de 500 000 personnes meurent à cause de la pollution de l’air»

 

En plus de mieux informer les individus, ces appareils connectés permettent également d’effectuer un crowdsourcing de la qualité de l’air, reposant sur le traitement des masses de données, et ainsi de donner aux pouvoirs publics davantage de clefs en main pour prendre des mesures susceptibles d’améliorer la situation. Ainsi, Plume Labs a par exemple recueilli les données de plusieurs centaines de volontaires londoniens équipés de son appareil, et ainsi mis en place une carte offrant une vue précise et actualisée en temps réel de la qualité de l’air dans la capitale britannique. Airviz propose également une carte interactive permettant de consulter différents types de données sur la qualité de l’air dans les villes où se trouvent des utilisateurs de son appareil.

Le Big Data au service des pouvoirs publics

 

Ces initiatives répondent à une demande de la part des pouvoirs publics. Nombreuses sont les villes à explorer le traitement des masses de données pour cartographier plus efficacement la pollution de l’air et agir en conséquence. La ville de Portland, en Oregon, a ainsi déployé un grand nombre de capteurs connectés à cet effet, dans le cadre d’un programme baptisé The City of Portland Air Quality Sensor Pilot. La municipalité d’Oakland, en Californie, a quant à elle travaillé avec un panel composé de chercheurs de l’Université d’Austin, au Texas, d’ingénieurs de Google Street View et d’experts d’une association pour la défense de l’environnement, ainsi qu’avec la jeune pousse Aclima, qui propose capteurs et analytiques mesurant la pollution de l’air à destination des pouvoirs publics. Ensemble, ils ont réalisé une carte d’Oakland proposant une vision ultra-précise de la qualité de l’air d’une rue à l’autre. Copenhague a fait de même en collaborant avec l’entreprise CPH Sense.

Capture d'écran de la page d'accueil de la start-up CPH Sense

Capture d'écran de la page d'accueil de la start-up CPH Sense

Si bien mesurer la qualité de l’air revêt une importance capitale, d’autres jeunes pousses se focalisent sur la commercialisation de produits permettant aux individus de limiter les risques pour leur santé lors des pics de pollution. La startup française Wair propose ainsi un masque au design soigné permettant de filtrer efficacement les particules fines. D’autres développent des solutions permettant d’améliorer la qualité de l’air à l’intérieur de son domicile, à l’aide de filtres hautement perfectionnés. Levoit, Dyson ou encore Molekule proposent tous de petits appareils qui, une fois installés chez soi, collectent les polluants dans l’air et améliorent ainsi la qualité de celui-ci.