17 / 10 / 2016
#Entretien

Corinne Erhel : « Je passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux ! »

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Corinne Erhel : « Je passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux ! »
A quoi ressemble la vie numérique d’un député ? Comment communique-t-on sur les réseaux lorsqu’on est un élu ? Simple outil de communication supplémentaire ou véritable évolution dans leur rapport au citoyen ? RSLN a rencontré Corinne Erhel, députée (PS) des Côtes d’Armor.
TL;DR
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Corinne Erhel, députée (PS) des Côtes d’Armor, décrypte son usage des réseaux sociaux.

Le matin, vous êtes plutôt radio, média en ligne ou réseaux sociaux ?

Plutôt radio, mais je consulte tous les matins mon fil Twitter. C’est un réflexe !

Comment avez-vous découvert les réseaux sociaux ?

Comme tout le monde je suppose : par le bouche-à-oreille ! J’ai commencé à les utiliser en 2009 ou 2010, mais je suis incapable de me souvenir si je me suis d’abord inscrite sur Twitter ou sur Facebook. En plus de ces deux réseaux, j’ai aussi un blog professionnel. Je n’ai pas le temps pour le reste !

Quel est le réseau social que vous préférez ?

Twitter, pour l’instantanéité et pour le suivi plus global. Ce que j’aime avec Twitter, c’est qu’il y a pour moi vraiment deux fonctions différentes :

  • C’est une source d’informations importantes sur des sujets multiples. Je suis notamment beaucoup de médias ;
  • Twitter permet aussi de toucher un public relativement large, que ce soit dans le cadre des sujets qui m’intéressent comme le numérique ou l’innovation, mais également sur des problématiques liées à ma circonscription.

Cela permet aussi de toucher des gens différents que sur Facebook, car ce ne sont, à mon sens, pas les mêmes utilisateurs. Je vois vraiment Twitter comme un outil de suivi de l’actualité alors que sur Facebook il y a à la fois un relationnel politique mais aussi amical. Je n’ai d’ailleurs qu’un seul compte, sur lequel j’ai à la fois mes amis et les gens qui me suivent ! Je fais donc très attention à ne pas diffuser d’informations personnelles…

Votre équipe participe-t-elle à l’animation de vos comptes ?

« Quand on est un élu, je considère que c’est mieux d’écrire soi-même. »

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Non, je gère tout moi-même. Je fais la veille, je réponds aux commentaires, j’écris, je poste, je fais les photos avec mon smartphone… J’y passe d’ailleurs beaucoup trop de temps par jour !

Mais même si c’est chronophage je trouve que c’est plus naturel – et plus sympa ! – de tout faire soi-même ! Quand on est un élu, je considère que c’est mieux d’écrire soi-même, sinon il n’y a pas d’intérêt. Et c’est tromper les gens si ce n’est pas vous qui gérez, ou alors il faut le dire.

Répondez-vous aux messages ou commentaires qui vous sont adressés ?

Oui, qu’on soit d’accord ou qu’on ne soit pas d’accord avec ce qui est dit, et du moment que les messages sont polis. Lorsque c’est insultant, je ne réponds pas, sinon, on n’en finit plus…

Justement, beaucoup de personnalités politiques ont fait savoir qu’elles avaient du mal à supporter la violence de certains messages ou commentaires qui leur étaient adressés sur les réseaux. Avez-vous déjà été confronté à cela ?

Oui, bien sûr, mais si vous ne répondez pas, ça s’arrête très rapidement. Quand vous répondez à des commentaires insultants, que ça soit à l’égard de ma personne ou de la politique que je soutiens, ça entretient la polémique. C’est donner à ces commentaires de l’importance, et la machine s’enclenche…

Plus généralement, je considère que cette violence fait partie d’une société qui se radicalise de plus en plus, tout du moins dans les propos. Pour moi, les mots ont un sens, je fais attention à tout ce que je dis et, encore une fois, je n’alimente pas lorsqu’il y a polémique.

Pensez-vous que la démocratisation des réseaux sociaux ait un impact sur le débat politique ? Il est fréquent d’entendre que cela favorise des stratégies de « petites phrases », au détriment du fond…

« Pour moi, les chaînes d’informations en continu ont plus d’influence que les réseaux sur le débat politique. »

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Je pense effectivement que cela a un impact. Pour moi, les réseaux facilitent d’accès à l’information et ils favorisent la liberté d’expression. Et cela modifie le jeu politique, car plus vous diffusez de l’information, plus vous impactez les consciences ou les avis des uns et des autres.

Cela dit, pour moi, les chaînes d’informations en continu ont plus d’influence que les réseaux sur le débat politique : vous avez une information qui tourne en boucle du matin au soir, qui devient donc « l’agenda médiatique » du moment.

Au final, pensez-vous que les réseaux ont modifié votre rapport au citoyen ?

Absolument, car je converse sur les réseaux avec des gens que je n’aurais peut-être pas rencontré autrement. Et puis c’est aussi une source de contradictions qui est instantanée : lorsque vous postez un message, vous voyez tout de suite si ce que vous dites intéresse ou pas.

Quelqu’un peut aussi relever vos propres contradictions ! Ça m’est arrivé récemment, sur le dossier de l’extraction du sable coquillier dans ma circonscription. Un internaute a relevé un point contradictoire sur les réseaux sociaux, ce qui m’a permis de me rendre compte que je n’avais pas été assez claire dans mes explications. C’est toujours intéressant d’avoir ce type de retours !