12 / 01 / 2010

Mobilité et monnaies complémentaires : bienvenue à Autrans 2010

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Mobilité et monnaies complémentaires : bienvenue à Autrans 2010

(visuel : Rencontres d’Autrans 09)

« Il y a de la neige et du soleil, c’est un vrai paysage de carte postale » : tout en peaufinant les derniers détails de l’organisation des 14e rencontres d’Autrans qui réuniront quelque 250 acteurs du paysage de l’internet français dans ce petit village de l’Isère de mercredi à vendredi, Yannick Landais, délégué général d’Artesi et chef d’orchestre de ces rencontres, a pris le temps pour RSLNmag, de faire un tour d’horizon du programme de l’année. Mot d’ordre ? « Du concret ! »

RSLNmag.fr : L’accent est mis sur la mobilité cette année. Quels aspects seront particulièrement abordés ? Comment articulez-vous cette réflexion avec l’appel à projet « Proxima Mobile » de la Délégation aux usages de l’Internet ?

Yannick Landais : La multiplication des téléphones intelligents et des applications qui leur sont dédiés est une vraie révolution, sur le plan des usages : avant, les téléphones les plus perfectionnés étaient surtout pensés comme des extensions de l’ordinateur, avec les mails, etc. ; maintenant, ils deviennent des compagnons dans la vie de tous les jours, via ces applications.

Le noyau dur des participants aux rencontres d’Autrans vient des collectivités territoriales : nous allons donc réfléchir, ensemble, à la pertinence du recours à telle ou telle application, mais surtout, aux conséquences que cela peut avoir en terme de gouvernance : quelles données, dont disposent les collectivités locales, doivent pouvoir être mobilisées dans une application mobile, par exemple ? C’est ce genre de thématiques dont nous allons discuter dans nos ateliers.

Nous nous situons donc en « accompagnement » de l’appel à projet « Proxima Mobile » : celui-ci était d’abord destiné à la conception pure d’application, côté développeurs. Dans nos ateliers, nous nous inscrirons dans une démarche de réflexion, côté collectivités.

RSLNmag.fr : Vous comptez lancer un appel sur les « monnaies complémentaires », une version moderne du troc. Quelle place occupe Internet dans ce projet ?

Yannick Landais : Se rendre des services génère une vraie valeur ajoutée, mais pas forcément monétaire : si j’apporte une compétence particulière à quelqu’un, je dois pouvoir en retirer un équivalent me permettant, à mon tour, d’acquérir un autre service. Voilà le principe directeur qui est derrière ce thème des monnaies complémentaires. Tous les domaines peuvent potentiellement être concernés : cela va du secteur de la formation, à celui du développement informatique.

L’apport du net est décisif dans la généralisation et l’extension de ces systèmes, où la constitution de communautés est un préalable. Sans le net, ces échanges restent limités, géographiquement, à l’image des « Systèmes d’échanges locaux » par exemple. La révolution numérique permet également de construire des équivalents aux « outils de paiement » de plus en plus perfectionnés.

L’appel que nous lancerons, vendredi, en clôture des rencontres, ce sera un peu la synthèse de nos ateliers et le résultat d’un vrai work in progress : pour l’instant, rien n’est écrit. Seule certitude : il y aura du concret !

RSLNmag.fr : Les publics qui participent aux rencontres d’Autrans sont majoritairement très connectés et échangent déjà en ligne. Vous-même vous proposez des formes de travail collaboratif, avec un wiki et des listes de diffusion. Ces rencontres « en vrai » ont-elles encore un intérêt ?

Yannick Landais : Est-ce que les rencontres perdureront physiquement ? Parfois, on veut se poser la question. Il y a de vrais échanges en ligne, riches, d’autant que la plupart des participants aux rencontres d’Autrans se connaissent déjà : nous ne sommes donc pas non plus un simple lieu de réseautage. Mais nous nous sommes fixés une ambition : pendant les rencontres d’Autrans, les participants sont invités à sortir de leur environnement quotidien, et nous partons du postulat que tout le monde est au même niveau. Il n’y a pas quelqu’un « qui sait », et d’autres « qui sont là pour apprendre ». Nous pensons que cette particularité favorise le passage à l’action. Recréer cette atmosphère en ligne peut s’envisager ; mais ce n’est pas encore vrai pour toutes les générations … 

> Pour aller plus loin :

– Suivre les Rencontres d’Autrans sur le web : c’est ici que cela se passera.

– Sur Twitter, les participants, sur place ou intéressés, sont invités à utiliser le mot clef « #autrans10 » dans leurs messages, pour être repérés. Le compte officiel, @autrans2010, sera tenu par des étudiants de l’IAE de Paris.