23 / 12 / 2016
#The Guardian

En Grande-Bretagne, l’opposition plaide pour une plus grande transparence des algorithmes

  • Linkedin
Les travaillistes appellent à une plus grande transparence dans les algorithmes utilisés par les grandes entreprises du numérique. Une démarche qui s’inscrit dans un débat de plus en plus présent au sein de la société civile et des politiques. Décryptage avec The Guardian.

À l’image de la conférence de presse au titre évocateur –« Réguler les algorithmes »– donnée par Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du numérique et de l’innovation, jeudi 15 décembre 2016, le monde politique se saisit de plus en plus de la question de la neutralité et de la lisibilité politique des algorithmes.

En Grande-Bretagne également, où Chi Onwurah, députée de l’opposition travailliste responsable de l’innovation dans le « shadow cabinet » (cabinet fantôme), déclare qu’il est temps pour le politique de prendre en main la question des algorithmes : «Ils font partie intégrante de notre monde, affirme-t-elle au Guardian, ils sont donc sujets à régulation, mais du fait de leur opacité il est difficile de légiférer efficacement.»

Dans son viseur se trouvent les grandes firmes de la Silicon Valley :

«Google, Facebook et Uber doivent assumer la responsabilité des conséquences imprévues des algorithmes et du machine learning qui sont à l’origine de leurs profits. Ils apportent des applications géniales et bénéfiques, mais il est nécessaire qu’un gouvernement ouvert à la technologie soit capable de minimiser légalement les mauvais côtés [de ces services] en légiférant.»

En effet, Google et Facebook ont été à maintes reprises accusés d’avoir joué un rôle durant la campagne américaine en laissant circuler de fausses informations. Du côté d’Uber, les tensions de la fin d’année 2016 ne sont pas sans poser de questions.

Des demandes de transparence qui rebutent les grands du numérique qui arguent que le secret de leurs algorithmes est à l’origine de leurs revenus. Argument balayé par la députée avec un exemple simple : « Si des gens tombaient très malades après la consommation de Coca-Cola, la compagnie aurait pour obligation de partager le savoir industriel qui en est à l’origine.»

Ces propos tenus à l’occasion de la préparation de la consultation annuelle sur la stratégie industrielle promettent de mettre le sujet au coeur du débat politique britannique. «Le Labour se doit de soulever un débat car le gouvernement accumule des années de retard sur le sujet en se refusant à faire face aux défis de l’ère digitale. »

Plus d’informations sur The Guardian.