29 / 11 / 2016
#Reportage

Hour Of Code 2016 : « apprendre le code au même titre qu’une autre langue »

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Une heure de code pour tous : l’édition 2016 de Hour Of Code se tiendra du 5 au 11 décembre prochains. L’occasion de dresser un bilan des éditions précédentes avec d’anciens participants et formateurs, et de discuter des attentes d’un tel événement avec ceux qui y participeront pour la première fois cette année.

Depuis la rentrée 2016, le code fait partie des enseignements proposés au collège, dès la classe de 5e. Pas évident, pourtant, d’appréhender ce nouvel enseignement, tant pour les élèves que pour les enseignants.

Hour Of Code, initiative mondiale lancée en 2013 par Code.org, est justement une heure de code en forme d’acclimatation. L’objectif : démystifier la programmation en invitant enfants et élèves à participer à un petit jeu pédagogique sur le thème de Minecraft, dans lequel ils doivent «réaliser des séries d’actions à un personnage, en imbriquant des actions de code comme un puzzle».

C’est dans ce cadre que Microsoft France, en partenariat avec Simplon.co et ZupdeCO, proposent à tous ceux qui le souhaitent de devenir animateur bénévole d’un atelier ou d’organiser une session pour un groupe d’enfants à travers toute la France.

«Un atelier Hour Of Code, c’est la porte d’entrée au code informatique. Une introduction qui permet de toucher un public très large, y compris ceux qui ne connaissent rien à l’informatique», précise Anne-Solène Chevallier, cheffe de projets éducation à Simplon.co et chargée de la gestion du projet Hour of Code.

«A travers cette initiative, nous pouvons tous être acteur de la dynamique mondiale visant à permettre à chacun de bénéficier des opportunités offertes par le numérique. C’est en outre un formidable levier de transmission des compétences entre les générations», précise Corinne Caillaud, Directrice des affaires publiques et juridiques de Microsoft France.

Pour François-Afif Benthanane, fondateur de ZUPdeCO, le code est en effet «une nouvelle langue que doivent apprendre tous les jeunes, au même titre que l’anglais, l’allemand ou l’espagnol».

«Ce programme est une formidable opportunité pour inciter les jeunes à découvrir les outils du numérique, et leur montrer que les outils qu’ils utilisent sont programmés par des personnes qu’ils ne voient pas, ce dont ils n’ont pas forcément conscience», détaille-t-il.

Des ateliers pour « peut-être susciter des vocations »

Un avis partagé par Benjamin Arino, principal du collège Blaise Pascal de Massy, qui va participer pour la première fois cette année à l’opération : «Pour les élèves, il s’agit de découvrir ce qu’il y a derrière les applications qu’ils utilisent au quotidien, et ainsi de comprendre la programmation, d’acquérir de nouvelles compétences, et de susciter peut-être aussi des vocations. »

Kamel Ait Bouali, principal du collège Colette Besson du XXe arrondissement de Paris, organise également pour la première fois des ateliers dans son établissement. En créant des binômes entre des élèves de CM2 et de 6e, il espère poursuivre la dynamique instaurée par l’arrivée du code à l’école chez les plus jeunes, tout en préparant les élèves à l’avenir :

«A travers ce dispositif, on peut également travailler sur les métiers autour de l’informatique. Si les élèves ne maîtrisent pas cette compétence informatique, ils risquent d’être en difficulté dans un avenir proche, car tout gravite autour du numérique. Nous avons l’obligation de les préparer.»

Enthousiaste, le principal de ce collège classé en REP+ insiste également sur le vecteur d’intégration que représente l’apprentissage du code : «Cela place les élèves en posture de réussite, car l’erreur est acceptée. On fait une erreur, on recommence. C’est une formidable école pour apprendre le droit de se tromper !»

Le code au-delà des compétences techniques

Anne-Solène Chevallier renchérit : «Non seulement les élèves repartent d’une heure de code avec davantage de connaissances, mais aussi avec davantage de confiance en eux !» Et une capacité à formuler une «pensée critique» par rapport aux outils numériques du quotidien. «Le professeur doit savoir apporter cela, donc s’y intéresser», complète la formatrice.

Pour les enseignants, la tâche n’est en effet pas des plus simples, comme l’indique Benjamin Arino : «C’est un accompagnement plutôt inédit dans la mise en place des programmes. » En effet, l’enseignement du code se trouve, au confluent de plusieurs disciplines : les mathématiques bien entendu, mais aussi le français, l’anglais… «Le code demande en fait énormément de bon sens», résume Anne-Solène Chevallier.

En 2015, 195 millions d’enfants ont ainsi pu bénéficier des enseignements d’Hour Of Code dans plus de 180 pays à travers le monde.