13 / 11 / 2013

Réseaux sociaux et admissions : ménage troublant pour le monde de l'éducation

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RSLN s’est souvent penché sur l’impact du numérique à l’école. Penser l’influence des nouvelles technologies dans l’éducation, c’est essentiel. Mais les technologies ont la particularité d’exister en-dehors des murs de l’école, et de bouleverser sa gestion. Et si les traces numériques laissées par nos digital natives avaient des conséquences sur l’accès même à l’éducation : le moment fatidique des inscriptions ? Ou encore, si pour être accepté au sein d’un collège, lycée ou université, faire campagne sur Twitter pouvait booster le dossier d’un étudiant ? C’est ce que nous raconte Natasha Singer dans son article du New York Times où – contre toute attente – elle a déclenché une déferlante d’avertissements sur la tweetosphère. Explications.

> 31% des agents d’admission regardent l’identité numérique des postulants

Le 9 novembre Natasha Singer, journaliste pour le NYT s’est intéressée à la question des admissions scolaires et à l’impact que pouvaient avoir les réseaux sociaux auprès des proviseurs ou directeurs d’études.

En effet, une enquête de Kaplan Test Prep, un service de notation des meilleures universités et écoles possédé par le Washington Post Company, suggère que l’examen des comptes en ligne des candidats aux études supérieures augmente.

« Sur les 381 agents d’admission aux facultés qui ont répondu à l’entretien téléphonique de Kaplan pour cette année, 31 % ont répondu qu’ils avaient regardé la page Facebook du postulant ou autre page personnelle de réseau social pour en savoir plus sur eux, 5% de plus que l’année dernière. Plus important, pour ceux qui essaient de rentrer en faculté, 30% des agents d’admission disent avoir découvert des informations en ligne qui ont affecté le postulant ».

> Des agents d’admission au clair avec le 2.0 mais non professionnels

L’e-reputation, la gestion de son image en ligne, ne serait ainsi pas seulement l’apanage du monde professionnel et des ressources humaines mais deviendrait un critère de sélection dans le cadre de l’enseignement. Fouiner, vérifier, scroller les dires des candidats ne seraient cependant pas une pratique routinière pour les agents d’admission. Les réseaux sociaux permettraient plus de confirmer un a priori sur un dossier.

Natasha Singer interrogeant Bradley S.Shear, un avocat spécialiste dans le droit des médias sociaux, introduit l’idée d’une nouvelle et potentielle sélection, non sans dérives. 

« Pour moi, c’est un large problème. Souvent, des contenus en ligne faux et trompeurs sont pris pour des faits », selon B. S. Shear.

De même, n’étant pas des spécialistes des relations publiques en ligne, les agents d’admission en scrollant les noms des candidats ne remontent pas toujours la chaîne des données ou ne vérifient pas les homonymies. Lors de leur inspection en ligne, ils peuvent ainsi se tromper et altérer leur évaluation. Cela peut conduire à une injustice de traitement sur les dossiers de candidature. 

Mais Natasha Singer nuance son propos en complétant son article par une enquête personnelle se basant sur une trentaine d’enceintes scolaires (comprenant des enceintes publiques, privées, secondaires et universitaires) et révélant que la pratique n’était réellement effectuée que si une source extérieure les alertaient au sujet de propos extrêmes, comme des discours haineux.

> Un article qui fait campagne 

L’article a surtout eu son impact sur Twitter. D’ailleurs, un peu à la surprise de la journaliste ! Il s’est transformé en une réelle opportunité de communiquer sur l’importance de protéger son identité en ligne.  

Les directeurs pédagogiques, agents d’admissions, parents et enseignants ont fait campagne pour avertir les adolescents qui dévoilent leur vie privée des dangers potentiels pour leur futur universitaire. Des rappels, comme le simple fait de s’inscrire sous un pseudonyme ou de rendre privé sa page Facebook, ont circulé et ont été associés au hashtag « privacy ».

Il serait ainsi plus judicieux lors d’une inscription de faire sa promotion en ligne pour se démarquer des autres candidats.

C’est le propos de B. Zak, un postulant à l’université UCLA, qui a fait son auto-promotion via son compte Twitter :

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